Aristote/ Dieu ?

Aristote/ Dieu ?


La théorie des causes conduit à l’idée de Dieu, principe absolu. Avec Aristote, l’existence est déduite du fait du mouvement (ou changement) que l’observation atteste dans la nature. On peut a priori désigner trois modes du changement :

1- Passage du non être à l’être

2- Passage de l’être au non être

3- Passage de l’être à l’être

La preuve de ces 3 mouvements correspond à la naissance.; le second à la mort (naissance et mort étant employés dans un sens absolu); le troisième est le seul que nous puissions étudier : il comprend deux modes :

1- le mouvement d’altération des parties d’un corps, le mouvement moléculaire.

2- Le changement dans l’espace ou translation.

Dans son unité, le mouvement se réalise dans un être que nous pouvons considérer comme un mobile. Il suffit de constater dans un tel être le changement d’altération ou de translation pour que nous puissions affirmer que cet être a reçu le mouvement d’une cause supérieure au point de vue du temps (antériorité), ou de l’existence. Cette cause est un moteur : celui-ci source du mouvement devra être regardé à son tour comme un mobile par rapport à un autre mobile antérieur, lui-même moteur mobile par rapport à un terme antérieur. Cette série de moteurs, si étendue qu’elle puisse être conçue, ne pourra être infinie : il faudra bien en dernier lieu assigner une cause à tous ces mouvements communiqués à travers tous les termes de la série. Autrement dit, il faut qu’il y ait un principe (premier) dont tous les autres dépendent, un principe qui lui ne dépend d’aucun. D’où cette proposition : tous les moteurs mobiles supposent un moteur immobile. Ce moteur sera à l’origine de tous les mouvements et ne recevra son mouvement d’aucun principe antérieur ni supérieur. D’où cette définition de Dieu comme ce qui meut sans être mu ou premier moteur.

Ainsi, c’est bien en partant de l’expérience qu’Aristote démontre l’existence de ce premier principe. Mais apparait une difficulté : dans les formes de la réalité sensible, nous ne connaissons pas de principe qui soit actif et en même temps immobile; le mouvement et l’activité étant pour l’expérience synonymes. Pourtant nous trouvons en nous-mêmes une cause qui nous permet de définir exactement ce principe : c’est l’âme ou la pensée. Notre pensée ne produit-elle pas tous les changements soit matériels du corps soit immatériels de l’esprit en étant elle-même soustraite à la nécessité du mouvement ?

 

—Alexei



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