Sophisme/ Gorgias

Sophisme/ Gorgias


La doctrine de Gorgias a une origine qui se rattache à la philosophie des Éléates. Parménide avait établi que la réalité sensible ne présente que la contradiction, et que par conséquent on devait regarder la matière comme n’ayant pas d’existence. Il est vrai que par delà le monde des apparences, Parménide concevait le monde de l’être auquel il attribuait l’unité et l’éternité. L’oeuvre de Gorgias consiste à prendre exclusivement dans la philosophie de Parménide les éléments négatifs. Ainsi s’explique le premier de ses sophismes : il n’y a rien. Cela signifie que l’objet de notre connaissance, non pas seulement sensible ainsi que le voulait Parménide, mais encore intelligible, est dénué de toute réalité. Si quelque chose existe, nous ne pouvons en prendre connaissance : en effet, ou l’objet de notre connaissance se confond avec notre pensée et dès lors est illusoire, ou il s’oppose à elle et on ne peut concevoir le lien qui unirait deux termes dont le nature est opposée. Si quelque connaissance peut être obtenue, elle ne peut jamais être communiquée à nos semblables car on ne peut pas concevoir le rapport en vertu duquel les mouvements matériels, comme les sons du langage, peuvent donner naissance à des idées, et nous n’avons pas le moyen d’établir que notre idée est évoquée fidèlement dans l’esprit de nos semblables. En négligeant le caractère artificiel ou le vice logique de cette argumentation, il faut reconnaître qu’elle vise avec une grande précision deux difficultés réelles : 1- le problème général de la connaissance, 2- les rapports du langage et de la pensée.

 

—Alexei



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