Sophisme/ Protagoras

Sophisme/ Protagoras


La doctrine de Protagoras dérive directement de la philosophie d’Héraclite. L’idée la plus importante du système d’Héraclite, c’est-à-dire le principe de la transformation universelle ou du devenir éternel, conduisait directement au scepticisme. Car si toutes les formes de l’existence changent éternellement, aucun caractère ne peut être assigné légitimement à aucune chose : au moment même où nous portons un jugement sur une chose, le changement vient démentir notre jugement. C’est là le principe auquel se rattache la formule célèbre de Protagoras, selon laquelle l’homme est la mesure de toute chose. Selon Protagoras, les objets en eux-mêmes n’ont pas de caractères qui leur appartiennent; chacun de nos sens, jusqu’au moment où il est mis en rapport avec les objets de la perception, doit être regardé comme ne possédant aucune propriété. L’oeil dit Protagoras est aveugle tant qu’il n’est pas frappé par la lumière et la lumière elle-même n’offre rien d’intelligible jusqu’au moment où elle est mise en contact avec l’organe de la vision. Il y a deux séries de mouvements; les uns ont comme point de départ le sujet, les autres, l’objet. Chacune de nos perceptions est le résultat de la combinaison de l’action et de la passion. Dans la perception, l’action a comme origine l’objet extérieur. Chacun de nos jugements est l’expression d’un rapport mobile entre l’action du sujet et la passion de l’objet. C’est ainsi que Protagoras justifiait la relativité de la connaissance.  

 

—Alexei



 Soutenir